vendredi 25 avril 2014

Sptolight OFF : Mr Dark



Script : 
[Ce texte est mis à libre disposition, j'autorise toute reproduction ou réutilisation, partielle ou totale, 
à raison d'un simple respect de la source.]

En 1995, alors que Rammstein sort son premier album, et que Pulp Fiction remporte l'oscar du meilleur scénario, une nouvelle console arrive sur le marché occidental et s'apprête à renverser le monde vidéo-ludique.
Avec à son lancement, des jeux comme Battle Arena Toshinden ou encore Wipeout, la 3D illumine les yeux des joueurs et semble être alors le seul avenir possible du jeu vidéo.
Cependant, il faudra attendre quelques mois pour pouvoir jouer à Rayman et se rendre compte que la 2D n'est pas morte, et est même plus belle que jamais.

L'histoire de Rayman se déroule dans un univers imaginaire, où moustiques géants, golems et gros crayons cohabitent. La paix semble régner jusqu'au jour où l'infâme Mr Dark dérobe le grand Protoon, sphère magique maintenant l'équilibre du monde.

Le joueur, devra alors parcourir les dangers des différents niveaux tout en délivrant les Electoons, petits êtres gravitant à l'origine autour du grand Protoon puis enfermés par la suite par Mr Dark.

Celui-ci, de par son nom et son apparence, ne pouvait être que méchant. Aucun suspense ou coup de théatre, Mr Dark est l'homme à abattre, Avec son chapeau, sa cape et ses faux airs de Zorro, le fourbe reste cependant plus détestable que mystérieux.
Et même si il n'apparaîtra réellement qu'à la fin du jeu, le joueur ne pourra que sentir l'oppression de son regard entre chaque niveau au travers de ses jumelles, et ce tout au long de l'aventure. Mr Dark devient alors un ennemi omniprésent, comme une menace constante qui pèse sur Rayman et le joueur.

Mais au delà de ces aspects tout à fait communs dans le jeu vidéo, il est possible de penser que Mr Dark représente plus qu'un simple antagoniste oppressant.

Le monde de Rayman, de part son apparence au demeurant grotesque et dénuée de sens, cache en fait une dimension plus scientifique.
Les Electoons et le grand Protoon (représentant respectivement les électrons et les protons) symbolisent l'harmonie et l'équilibre du monde et sont évidemment une représentation de l'atome. Une image que l'ont retrouve un peu partout dans le jeu.

Le désordre causé par Mr Dark évoque alors le grand déséquilibre d'ordre physique : celui qui n'est ni naturel, ni habituel.
Et si la cruauté de Mr Dark manque bel et bien d'une raison, cela reste totalement assumé, car son envie de désordre en fait bien plus qu'un simple méchant. Mr Dark représente en effet le chaos, qu'il soit d'ordre symbolique ou physique.

Nous pouvons même nous demander si son acte, n'est pas lui même une critique de l'amour que porte l'homme pour le chaos. Car après tout, nous savons tous ce qui arrive, lorsque nous nous amusons un peu trop avec les atomes.

A la fin de son périple, Rayman se confronte à Mr Dark, qui nous offre ici un combat tout à fait original. Mr Dark ne se bat pas en soit, il se contente de sadiquement enfermer Rayman entre deux colonnes enflammées, pour enfin envoyer les anciens boss à sa place. Seulement voilà, le chaos et le désordre étant ses maîtres mots, les boss sont assemblés et mélangés les uns avec les autres, donnant naissance ainsi a des nouveaux spécimens, et donc, à de nouveaux combats.

A la fin de la bataille, Mr Dark s'enfuit. Et ce qu'on pourrait alors décrire comme étant de la lâcheté, reflète finalement un fait incontestable : Mr Dark n'a pas vraiment perdu. Alors qu'il était de tradition de tuer, d'enfermer ou de réduire à néant les antagonistes au dénouement d'un jeu vidéo, ici, Mr Dark, laisse un goût d'insatisfaction au joueur.

Après avoir fini le jeu, il était donc logique de s'attendre à un retour du méchant dans le second opus. Et pourtant, 4 ans plus tard, à la sortie de Rayman 2 The Great Escape, aucun signe de vie de l'homme au chapeau. Il faudra attendre Rayman Origins en 2011, non pas pour le retrouver, mais pour nous rappeler que celui-ci existe. En effet, des références à Mr Dark sont faites dans le jeu, mais là encore, celui ci n'apparaît pas en personne.

Mr Dark représente à lui seul la frustration que peut avoir un joueur. Non seulement, celui ci ne combat pas lui même et laisse le sentiment d'une quête inachevée, mais en plus de cela, il ne donne plus de signe de vie, et se fait oublier des joueurs.

Au delà de son aspect grotesque, Mr Dark prouve qu'il est bien plus qu'un simple vilain. Son amour pour le chaos et son côté invulnérable en font finalement un des pires méchant de l'histoire du jeu vidéo. Car personne ne l'aura jamais battu, et beaucoup l'auront effacé de leur mémoire.

Et c'est là sa plus grande réussite. Rares sont les méchants qui ne perdent pas, mais encore plus rares sont ceux qui peuvent se venter d'avoir pu devenir totalement inatteignables.



[commentaires à venir]

Lien de l'épisode : https://www.youtube.com/watch?v=zQcMvD5hAjw


Musique écoutée pendant la rédaction.
Wild ARMs 3 OST

Spotlight OFF : Juli et Juni



Script : 
[Ce texte est mis à libre disposition, j'autorise toute reproduction ou réutilisation, partielle ou totale, 
à raison d'un simple respect de la source.]

L'année 1991 aura particulièrement servi la culture avec un grand C par le biais de deux
événements majeurs. La mort de l'acteur américain Michael Landon, et la sortie du sacro-saint Street Fighter II sur Super Nintendo. Adulé par les joueurs et par la critique, ce n'est qu’après 4 ans qu'on en apprendra plus sur l'histoire du jeu avec la série des Street Fighter Alpha, qui se passe avant les évènements de Street Fighter II. Et c'est en 1998, dans le troisième épisode de cette série parallèle qu’apparaîtront Juli et Juni.

Ces deux jolies jeune femmes sont indissociables et ne se présentent jamais séparément. Parler de l'une sans parler de l'autre est impossible, de plus, leur background est bien trop proche pour oser n'en prendre qu'une à la fois. Juli et Juni font parti de la garde rapprochée de Bison. Ces gardes du corps s'appellent les Dolls. Ayant subi un lavage de cerveau à l'âge de 16 ans, elles jurent entière fidélité à leur maître et ne se battent que pour le servir. Les Dolls sont composés de 12 jeunes femmes de nationalités différentes. Juni est allemande , et Juli est mexicaine.


D'ailleurs, Juli et Juli ne sont pas leur vrai nom, mais leur nom de code. En effet, chacune des Dolls se voit attribuer le nom d'un mois de l'année dans leur langue natale. Ainsi, Juni signifie juin en

allemand, et Juli est le diminutif de juillet en mexicain. Anecdote oblige, notez que dans l'équipe, il y a une aussi petite française, du nom de « février »

Après l'explosion de la base de Bison à la fin de SFA3, il est dit que les Dolls ont survécu mais ont

perdu la mémoire. Cependant, on reverra Juli et Juni dans l'OAV Super Street Fighter IV, ainsi que les Dolls, qui apparemment, sont toujours au service du dictateur. Malgré cela, elles ne feront que de discrètes apparitions comme dans SNK vs Capcom Card Clash, sous forme de cartes. Ou alors et c'est le cas de Juli, dans l'opening et l'ending du mode arcade de T-Hawk dans Super Street Fighter IV.

On peut facilement imaginer qu'elles font parti du club ceux qu'on ne reverra plus en tant que

personnages jouables dans la série.

Dans la version arcade de Street Fighter Alpha 3, Juli et Juni apparaissaient comme boss, il fallait alors se battre contre les deux en même temps. Leur gameplay, bien que différent de celui de Cammy, n'était pas sans rappeler les mouvement de la jolie blonde.

Malgré tout, en terme de sex appeal, J et J sont loin d'être de mauvaises élèves.

Revenons de nouveau en 1991. A son époque, Chun-Li était le premier personnage féminin jouable dans un jeu de combat. Et ses courbes désirables, ainsi que son évidente souplesse faisait d'elle un personnage particulierèment apprécié et populaire. On sait depuis Chun-Li, que le stéréotype de la femme guerrière, musclée, voir violente alimente un certain fantasme au seins des joueurs. Une image loin du stéréotype de la femme idiote et servile qu'on avait l'habitude de voir jusqu'à là dans le jeu vidéo.


En allant dans ce sens il serait peut être déplacé, mais éclairé de dire que les Dolls, elles, reflètent un tout autre fantasme. L'idée du maître ayant à sa botte 12 jolies jeunes femmes au physique de rêve semble souligner avec évidence l'idée du harem. Et que le duo Juli et Juni reflète lui, un fantasme masculin vieux comme le monde. L'une à le regard dominateur, l'autre paraît plus prude, l'une a une grosse poitrine, l'autre en a une plus petite...


Ce schéma des deux femmes sexuellement attirantes mais physiquement dissemblables, à la manière du bon et du méchant flic n'est pas inconnu aux fans de Capcom. En effet, c'est avec la série Darkstalkers, que le duo, Morrigan et Lilith faisait déjà office de binôme

violent et désirable Juli et Juni,seraient elles qu'une simple adaptation d'un duo déjà existant ? Si oui, qu'est ce qui
pourrait expliquer le relatif échec de leur popularité ?
Capcom à toujours su jouer de la dimension érotique que ses personnages féminins inspirent. En assumant de plus en plus cette double lecture, Capcom laisse place à un réel monde érotique
parallèle créé par les joueurs, dans lequel Juli et Juni n'ont pas su laisser leur marque comme l'ont fait d'autres personnage de la firme.
Il est vrai que même si Juli et Juni avaient tout pour plaire, elles ne seront pas rester dans les mémoires des fans et des autres.
Car après tout, ne jauge-t-on pas la popularité d'un personnage féminin au nombre de parodies érotiques et pornographiques que celui-ci dénombre ?




[commentaires à venir]

Lien de l'épisode : https://www.youtube.com/watch?v=5PHu0BExECg


Musique écoutée pendant la rédaction.
Two Tribes go to War - Frankie Goes to Hollywood

dimanche 6 avril 2014

Spotlight OFF : Richard




Script : 
[Ce texte est mis à libre disposition, j'autorise toute reproduction ou réutilisation, partielle ou totale, 
à raison d'un simple respect de la source.]

En 1993, la Liste de Schindler de Steven Splieberg remporte l'oscar du meilleur film. Cette même année verra aussi la mort du catcheur français, André the Giant qui servira d'inspiration 4 ans plus tard pour le personnage de Hugo dans le jeu Street Fighter III.

Mais 1993 a été une année particulièrement importante dans l'histoire du jeu vidéo, avec notamment les sorties de Starfox sur Snes, de Doom, mais surtout du premier Zelda sur console portable : Zelda Link's Awakaning.

Encensé par la critique et par les joueurs, le jeu se veut quasi-parfait et représente encore aujourd'hui ce qui peut se faire de mieux en matière de jeu d'aventure sur console portable.

Dans cet opus, vous incarnez de nouveau Link, qui se réveille sur une île inconnue, de laquelle il fera tout pour s’échapper.
Dans son aventure, il rencontrera bon nombre de personnages, pour la plupart tirés de jeux précédemment sortis sur supports Nintendo, comme Wart la grenouille de Super Mario Bros 2, ou encore Mr Wright de Sim City. Parmi ces PNJ, il en est un que Link devra aider : Richard, le roi de l’île Cocolint. Dans l'aventure, vous deviez d'abord retrouver les 5 feuilles d'or que Richard a oublié dans son château d'où il a été chassé, pour ensuite accéder à son jardin et y déterrer la clé du troisième donjon. Ce type un peu suspect et même un peu trouillard, ne voulant même pas s'occuper de ses affaires tout seul, avait tout d'un simple personnage secondaire. Et pourtant, lui aussi a un background relativement développé, car son histoire ne débute pas avec ce jeu. En effet, Richard est lui aussi un caméo, étant l'un des personnages principaux d'un jeu plus ancien : Kaeru no Tame ni Kane Wa Naru. En anglais : For the Frog the Bell Tolls sorti sur Game Boy en 1992 uniquement au japon.

Le titre de ce jeu presque inconnu en occident est en fait un clin d’œil au roman For Whom the Bell Tolls d'Ernest Emingway, plus connu en France sous le titre de Pour qui Sonne le Glas.

Dans ce jeu, vous incarnez le prince du sable, éternel rival de Richard, prince d'un royaume voisin. Alors lorsque la princesse débile Tiramisu du royaume mille-feuilles se fait enlever. Ces deux amis d'enfance, en compétition depuis toujours se disputeront l'honneur de la délivrer. Cependant, dans son périple, Richard et son armée seront transformés en grenouilles.

Le jeu se présente sous forme de RPG-aventure, vu de haut lors des phases d'exploration, et de côté lors des phases de donjon. C'est d'ailleurs avec le moteur de ce jeu que sera développé Link's Awakening un an plus tard.

C’est donc en 1993 que Richard à l'honneur de réapparaître sur Game Boy dans Link's Awakening. Bien évidemment, il amènera avec lui bon nombre de références et clins d’œil. Comme la présence de nombreuses grenouilles dans sa maison qu'on pourrait imaginer être une partie de son ancienne armée. Ou encore son thème musical qui est en fait une reprise du thème principal du Kaeru no Tame ni Kane wa Naru.

Revenons maintenant à l'histoire de Link's Awakening pour mieux comprendre l’intérêt de Richard dans le jeu.
D'aucun diront que le spoil est le pire ennemi de la motivation du joueur. Mais après presque 20 ans, la prescription est encore une fois de mise.
A la fin du jeu, on découvre avec émoi que l’île dans laquelle Link échoue n'est en fait que le rêve du Poisson Rêve, comme toutes les personnes qu'il a rencontré. Sa quête de réveil n'aura donc été qu'une quête destructrice visant les personnages auxquels le joueur s'est attaché pendant l'aventure. La notion de rêve explique d'ailleurs en partie le coté irréaliste des différents caméo présents dans le jeu.

Richard n'est évidemment pas exclu. Lui aussi est purement imaginaire.
Dans les songes du poisson rêve sont en en fait représentés différentes projections de l'esprit de Link.
Ainsi, on peut imaginer que Marine, l'attachante musicienne de l’île représente l'idée que Link se fait de Zelda dans son esprit (d'où sa confusion au début de l'aventure). Elle est douce, attentionnée, délicate, mais ce n'est pas Zelda. On peut donc penser que Richard, lui, représente la partie faible de Link. Celle qui n'est ni vaillante, ni valeureuse comme ce qu'il montre dans chaque épisode de la série. Richard se cache chez lui. Il ne se bat pas et demande à Link de faire le travail à sa place.
Une vision d'un prince bien loin de celle qu'il reflétait dans Kaeru no, où il était présenté comme rival talentueux et téméraire, prêt à tout pour se mettre au devant de la scène et mettre la main à la pâte.

Richard aura donc été un personnage qui a évolué lors de ses différentes apparitions. Passant de personnage quasi-principal a personnage parfaitement secondaire. De vaillant combattant à discret trouillard.

Richard n'aura plus jamais l'honneur de réapparaître dans Zelda, ni dans aucun jeux. On notera tout de même que son sprite sera réutilisé dans Zelda Oracle of Ages pour le personnage de Ralph, qui lui se rapproche bien plus du Richard de Kaeru no, que du Richard de Link's Awakening.
De plus, Richard a beau avoir été oublié des concepteurs et d'une partie des joueurs, il reste malgré tout un personnage à part entière d'un jeu qui lui, prouve encore sa valeur de nos jours. Un personnage à part. Un oublié immortel.




[commentaires à venir]

Lien de l'épisode : https://www.youtube.com/watch?v=o0IkmNR6jDE


Musique écoutée pendant la rédaction.
Final Fantasy Crystal Chronicles OST